Journal de bord

La meilleure façon de conserver un droit ou une liberté, c'est de l'exercer. Ne pas subir.

01 juin 2007

Nicolas Sarkozy et les médias

Recensés dans L'Express du 31 mai au 6 juin 2007, voici donc les amis du président de la République française, parmi les médias et autres grands patrons :

- Bernard Arnault : La Tribune, Radio Classique

- Martin Bouygues : TF1

- Bernard Fixot : XO Editions

- Jean-Claude Decaux : JCDecaux (principal propriétaire des emplacements publicitaires notamment en RP)

- Serge Dassault et Nicolas Beytout : Le Figaro, Le Figaro Magazine

- Arnaud Lagardère : Europe 1, Paris Match, Le Journal du Dimanche, le groupe Hachette (éditeur, imprimeur et diffuseur)

- Alain Minc : Le Monde

- François Pinault : Le Point

- Vincent Bolloré : Havas, Direct8, Matin Plus, Direct Soir

- Stéphane Courbit : Endémol

- Albert Frère : M6.

Sans compter Laurent Solly, ancien directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, et désormais n°2 de TF1.

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27 mai 2007

Roissy: un vol annulé après l'intervention de passagers contre une expulsion

AEROPORT DE ROISSY (AFP)
26 Mai 2007 23h44

Le vol Paris-Bamako (Mali) d'Air France au départ de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle a été annulé samedi après-midi, après l'intervention de passagers contre l'expulsion d'un homme en situation irrégulière, a-t-on appris auprès d'Air France et de passagers.

Peu avant le départ, la personne devant être expulsée s'est levée, nécessitant l'intervention des agents de police l'accompagnant, a-t-on appris auprès de plusieurs témoins présents dans l'avion.

"Nous avons entendu des bruits de strangulation et des râles de douleur", a notamment raconté à  l'AFP Laurent Cantet, membre du Réseau éducation sans frontières (RESF), présent dans l'appareil.

Plusieurs passagers se sont alors indignés des conditions de traitement. L'un d'entre eux a été interpellé par la police, rapportent les témoins interrogés par l'AFP.

Contactée par l'AFP, la police aux frontières n'a pas souhaité s'exprimer. On ignorait donc samedi soir ce qu'il est advenu du passager interpellé.

"Le commandant de bord a estimé que les conditions de sécurité n'étaient pas remplies", précise seulement Air France, qui ne confirme ni n'infirme l'interpellation.

Le vol devait décoller à  16H40 samedi. Ses passagers seront reportés sur le vol Paris-Bamako de dimanche.

Source : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-info/depeches/detail.php?depeche_id=070526214413.p9xzj2c6

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25 mai 2007

Bayrou dénonce la nomination à TF1 d'un collaborateur de Sarkozy

François Bayrou a dénoncé jeudi soir, lors d'une réunion publique au Zénith à  Paris, la nomination d'un collaborateur de Nicolas Sarkozy, Laurent Solly, à  la direction de TF1.

"L'UMP va avoir tous les pouvoirs en France, toutes les majorités, toutes les situations d'influence, tous les leviers de commande, plus qu'aucun parti n'en a jamais eu depuis que la République est la République", a déclaré M. Bayrou devant quelque 6.000 personnes réunies pour le lancement de la campagne législative du Mouvement démocrate (MoDem).

"C'était déjà  vrai depuis 2002 pour tous les leviers de commande politiques", a-t-il ajouté. "Mais en 2007, on ajoute à  la totalité du pouvoir politique la force considérable de très grands groupes industriels et la proximité affichée avec les plus grands groupes de médias".

"La nomination à  la tête de la plus grande télévision de France, TF1, annoncée par l'Elysée, et non pas par l'entreprise, de l'un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, sans aucune expérience préalable dans l'audiovisuel, c'est une illustration de plus de ce mouvement qui est en cours, désormais au vu et au su de tout le monde", a dénoncé le leader centriste, après avoir interrompu les sifflets suscités par cette nomination.

"Nous voulons une presse, des radios et des télévisions libres, non inféodées", a-t-il lancé.

"C'est un drame pour une société démocratique quand la confiance envers les médias est atteinte", a-t-il dit.

Le groupe Bouygues a annoncé mardi que Laurent Solly, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy, allait intégrer la direction générale de TF1.

Source:FranceInfo,http://www.radiofrance.fr/chaines/france-info/depeches/detail.php?depeche_id=070524194208.4t4p5kul

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La monarchie quinquennale

L'élection présidentielle passée, personne ne s'interroge plus sur les résultats des prochaines élections législatives. Chacun accepte que la campagne qui vient de se terminer était aussi - sinon seulement - une campagne pour des législatives, et chacun considère le résultat du 17 juin comme acquis. Le parti du président s'en satisfait, évidemment, espérant rafler un nombre inédit de sièges dans la foulée de l'élection de Nicolas Sarkozy ; la gauche elle aussi s'en contente et préfère se résigner à la défaite plutôt que de choisir parmi ses dirigeants un candidat au poste de Premier ministre en cas de cohabitation. Le président, appuyé par une majorité de parlementaires très large sera, pour cinq ans, plus puissant que jamais. Cette situation, dont la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002 avait masqué l'imminence, découle de deux réformes constitutionnelles très contestables : la réduction à cinq ans de la durée du mandat présidentiel et le report de l'élection des parlementaires après celle du chef de l'Etat.

Les conséquences en seront vertigineuses. D'abord, les élus de la majorité, qui devront leur mandat au seul président, ne pourront rien refuser à ce dernier. Ensuite, le président, n'ayant pas la moindre tentation de dissoudre un Parlement à sa dévotion, ne sera plus préoccupé, dès lors, que par sa propre réélection. Enfin, débarrassé de toute menace électorale nationale, il sera en situation de décider de tout, de nommer qui il souhaitera, à tous les postes, même ceux qui ne sont pas, constitutionnellement, de sa compétence. Nous n'entrons pas dans une VIe République, mais dans une monarchie quinquennale. Le président pourra utiliser ce pouvoir presque illimité pour mener de vastes réformes, comme le fit François Mitterand pendant les cinq premières années de son mandat, ou pour ne rien faire, comme le fit Jacques Chirac pendant les cinq dernières années. Dans les deux cas, l'opposition gagnera toutes les élections locales, d'abord municipales, puis régionales, qui serviront d'exutoire, et perdra toutes les élections nationales. Comme si les Français considéraient que la droite est mieux placée pour gérer les enjeux stratégiques et la gauche, plus péparée à prendre en charge la gestion des problèmes de proximité.

Cette situation peut durer très longtemps ; et la monarchie quinquennale pourrait, sauf accident, devenir décennale...

Source : Jacques Attali, L'Express, semaine du 24 au 30 mai 2007

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Jour de défaite

L'émission de cinéma Jour de fête diffusée mardi dernier sera la dernière. Prétextant une audience trop faible, la direction de France 2 a décidé de supprimer le plateau animé par Isabelle Giordano. Celle-ci s'en étonne, ne trouvant pas pertinent l'argument de la deuxième chaîne : "Bien que programmée le mardi en deuxième partie de soirée, l'émission attirait 1,2 millions de téléspectateurs, soit autant que Ca se discute et le double de Ce soir ou jamais sur France 3. Ce qui laissait supposer qu'une diffusion le vendredi ou le samedi aurait entraîné une audience bien plus large. Je crains que France 2 ne confonde culture et divertissement, les deux n'étant pas, au demeurant, incomptaibles, comme le prouvait Jour de fête". Il n'y a donc plus une seule émission consacrée au cinéma sur la chaîne de Patrick de Carolis.

Source : L'Express, semaine du 24 au 30 mai 2007

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22 mai 2007

«Cette voiture n'a même pas brûlé !»

Deux personnes écrouées après une tentative d'incident anti-Sarkozy près du Fouquet's.

Par Karl LASKE

QUOTIDIEN : vendredi 18 mai 2007

C'est le «climat ambiant» au Palais de Justice. Mauvais climat. La brigade de répression du banditisme (BRB) a été saisie, la semaine dernière, d'un incident anti-Sarkozy. Une tentative de dégradation de véhicule qui a failli frapper les abords désormais hautement symboliques du Fouquet's, l'hôtel-brasserie quatre étoiles où Nicolas Sarkozy a fêté sa victoire le 6 mai.

Vers 1 heure du matin, dans la nuit du 10 au 11 mai, Damien, 20 ans, s'est fait ceinturer par des agents de sécurité, un cocktail Molotov ou quelque chose d'approchant à la main. Il n'a pas eu le temps d'y mettre le feu... Il est mis en examen pour «tentative de dégradation par incendie, fabrication d'engin incendiaire, détention et transport de substances inflammables» et écroué à Fleury-Mérogis. «Damien, ce qu'il a fait, c'est un acte isolé, dit Marie-Louise, une amie. D'ailleurs, il n'a même pas réussi à le faire. Ça prouve bien qu'il n'est pas entraîné.»

«Du délire». Mais l'enquête s'emballe. Vendredi 11 mai, les policiers partent en opération dans le XIXe arrondissement, chez Paco. Un militant plus âgé, 50 ans, un libertaire, qui héberge Damien lorsqu'il vient à Paris. «Les voisins ont pensé que c'était le GIGN, raconte Marie-Louise. Les policiers étaient cagoulés. Paco était là avec deux amis. Tout le monde a été arrêté. Ils ont embarqué son disque dur, ses affiches. Son appart est sous scellés.»

Après quarante-huit heures de garde à vue, Paco est mis en examen à son tour pour «complicité de dégradation par incendie» et «recel» des produits inflammables. Le juge d'instruction l'incarcère à Fresnes.

«Cette voiture n'a même pas brûlé, s'indigne Me Irène Terrel, leur avocate. Damien reconnaît les faits et les assume. Il pouvait être placé sous un contrôle judiciaire strict. Quant à Paco, il était chez lui. Et il n'y était strictement pour rien.»

Dans la nuit, un jeune avait suivi Damien. Il est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. «Les flics ont perquisitionné chez ses parents. Ils lui ont dit qu'on était sur écoutes et qu'on était un réseau clandestin ! dit Marie-Louise . Il est terrorisé. Ça devient du délire.»

En réalité, Paco est «repéré», mais pas comme clandestin. A la manif anti-G8 de Gênes, il se trouvait à côté de Carlo Giuliani quand ce dernier a été tué par une voiture de police. On le sait proche des anars allemands. Il a fait partie des collectifs antirépression pendant la crise anti-CPE.

«Sans étiquette». Plus récemment, il avait été avec Damien sur le canal Saint-Martin pour défendre les SDF sans papiers. Les deux amis sont dans les mouvements, «sans étiquette» mais pas sans fragilités. Paco est invalide à 80 %, souligne son avocate. «Damien parle de suicide, s'inquiète Me Terrel. Il tremblait quand je l'ai vu.» «Paco et Damien font partie des gens qui souffrent, explique Marie-Louise. Damien est très isolé. Comme beaucoup de jeunes de 20 ans, il n'a rien dans les poches, rien dans la vie.» Les deux militants ont fait appel de leur mandat de dépôt mais doivent être entendus par le juge les 30 mai et 5 juin.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/societe/254539.FR.php

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Sécu : Hirsch tique sur la franchise

Le haut-commissaire dénonce le projet Sarkozy d'accroître la part non remboursée des soins.

Par François WENZ-DUMAS

Premier désaccord au sein de l'équipe gouvernementale, avec les ministres «d'ouverture» ? Répondant hier matin sur France Inter à la question d'un auditeur, Martin Hirsch a expliqué qu'il était en désaccord avec une des mesures phares du programme de Nicolas Sarkozy : l'extension de la franchise de soins non remboursés par la Sécurité sociale.

«Est-ce que j'approuverai cette mesure ? La réponse est "non"», a répondu le tout nouveau haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté. «J'ai dit il y a 15 jours, un mois, deux mois, trois mois que ça ne me paraissait pas une bonne mesure», a-t-il poursuivi. «Je peux être convaincu, mais je pense vraiment que ce n'est pas ce qu'il faut faire», a ajouté l'ancien président d'Emmaüs France.

La réforme de l'assurance maladie instaurée en 2004 par Xavier Bertrand ­ ex-ministre de la Santé désormais ministre du Travail, des Relations sociales et de la Solidarité­ avait déjà instauré le principe du forfait non remboursable : un euro par consultation et 18 euros pour les actes médicaux d'un montant supérieur à 91 euros. Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy a proposé de généraliser ce principe en ajoutant quatre franchises non remboursées par la Sécurité sociale sur «les premiers euros annuels» dépensés en examens biologiques, en médicaments, les visites médicales et l'hospitalisation.

Les organisations syndicales, les associations d'usagers, ou de lutte contre la pauvreté comme Emmaüs France, ont toujours dénoncé ce système qui, selon elles, va à l'encontre du principe de solidarité qui fonde la Sécurité sociale, et peut pousser des gens à renoncer à se faire soigner.

Débauchages. Cette critique d'un point important du programme de Nicolas Sarkozy, survenant trois jours après la nomination du gouvernement et en pleine campagne législative, n'a pas échappé au Parti socialiste, qui ironisait hier sur «la cacophonie gouvernementale qui commence». «L'opposition très nette de Martin Hirsch à la franchise médicale montre le peu de crédibilité d'un gouvernement hétéroclite», affirme Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS en charge des questions d'égalité, qui rappelle qu' «alors que François Fillon a annoncé une application "scrupuleuse" du programme de Nicolas Sarkozy, les débauchages médiatiques laissent déjà la place à la cacophonie et aux désaccords publics».

Le député socialiste Gérard Bapt, lui, préfère apporter son soutien à Martin Hirsch. Rapporteur du budget de la Santé pour la commission des finances de l'Assemblée nationale, il rappelle qu' «une franchise pénalise les plus pauvres et aggrave les inégalités d'accès aux soins».

Interrogé hier sur le fait que l'on puisse «lui reprocher sa liberté de parole», Martin Hirsch en a convenu. «Peut-être», a-t-il répondu, «mais comment voulez-vous faire autrement ?» Pour autant, le haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté ne considère pas qu'il a franchi la ligne jaune.

François Fillon avait assuré vendredi lors de la présentation de son gouvernement qu'il ne demandait «à personne de renoncer à ses convictions». D'autre part, son statut particulier de haut-commissaire et non pas de ministre ou de secrétaire d'Etat peut laisser à Martin Hirsch une plus grande liberté de ton. «J'ai un mandat précis pour une réforme précise», confiait-il hier à Libération, «et je peux mener ce chantier en ne disant pas autre chose que ce que je disais il y a deux semaines comme président d'Emmaüs France».

«Exonérations». Bertrand lui a apporté son soutien, déclarant qu' «un gouvernement, ce n'est pas un régiment». La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot-Narquin a fait de même. D'abord en recevant Hirsch. Puis en publiant en début de soirée un communiqué où elle précise que «la franchise annoncée par le gouvernement devait être entendue comme un facteur de responsabilisation des assurés qui, conformément aux engagements de Nicolas Sarkozy, serait accompagnée des exonérations nécessaires pour tenir pleinement compte des situations sociales très dégradées». C'est un peu de la langue bois, mais cela apporte une précision qui ne figurait pas dans le programme du candidat Sarkozy.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/255291.FR.php

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L'objectif people de Sarkozy

Pour son portrait officiel, le Président a pris un habitué du glamour.

Par Raphaël GARRIGOS, Christophe FORCARI

Présidence people, suite. Suivi comme dans Loft Story par des dizaines de caméras captant sa moindre foulée et sa plus petite baignade, filmé lors de son intronisation en train d'embrasser Cécilia Sarkozy, le président de la République fait désormais appel à un photographe d'ordinaire spécialisé dans le cliché people.

Mairies et écoles. C'est en effet Philippe Warrin, photographe chez Sipa, qui a été choisi pour réaliser la photographie officielle de Nicolas Sarkozy, celle qui sera accrochée dans les mairies et les écoles de France. Philippe Warrin s'est réjoui de «l'honneur d'avoir été choisi» pour cette photo d'un président. «ça compte dans la vie d'un photographe», a-t-il souligné. Après Bettina Rheims, connue pour sa série de photos érotiques baptisée «Chambre close» et portraitiste officielle de Jacques Chirac et Gisèle Freund pour François Mitterrand, voici Philippe Warin.

Sipa a notamment signé un accord d'exclusivité pour réaliser toutes les photographies des candidats issus des émissions de télé-réalité produites par Endemol, dont Star Academy. Et qui, chaque année, se rend régulièrement au château de la Star Ac à Dammarie-les-Lys pour immortaliser les petits chanteurs ? Philippe Warrin... promu désormais portraitiste officiel du nouveau chef de l'Etat.

Philippe Warrin, habitué également des clichés glamour de jeunes actrices comme celle d'Ingrid Chauvin dans le dernier numéro de Paris Match, a cette fois tiré le portrait de Nicolas Sarkozy dans la bibliothèque du palais de l'Elysée. Le président de la République pousse donc l'ouverture jusqu'à choisir le lieu même de la photographie officielle de François Mitterrand, à qui il avait d'ailleurs rendu hommage lors de sa cérémonie d'investiture.

«Tout devient possible». Ce portrait le représente flanqué du traditionnel drapeau tricolore et, pour la première fois, avec un drapeau européen. Philippe Warrin est également l'auteur de la photo de l'affiche du premier tour de la présidentielle portant le slogan «Ensemble, tout devient possible». Il a suivi le candidat UMP pendant sa campagne et a notamment réalisé les photos prises le soir du second tour à son QG de campagne et au Fouquet's, et publiées dans Paris Match .

Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/255288.FR.php

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Graine de résistance

Le paysagiste Gilles Clément explique qu'il annule ses engagements avec l'Etat. Décision dictée par l'élection de Sarkozy, qu'il juge porteur d'un projet néfaste pour la planète.

Par Eliane PATRIARCA

QUOTIDIEN : samedi 19 mai 2007

Sa radicalité détonne dans le paysage français, où les frontières politiques s'amollissent jusqu'à faner. Vendredi, le paysagiste Gilles Clément, intervenant aux 46e Journées des plantes de Courson (Essonne), a transformé sa conférence en manifeste politique. Une déclinaison du communiqué figurant sur son site web (1) depuis l'élection présidentielle. Le théoricien du «jardin planétaire», créateur du parc André-Citroën ou du jardin du musée du Quai-Branly, annonce qu'il annule «la totalité des engagements pris auprès des services publics et privés sur le territoire français, à l'exception des instances officielles ou non officielles où, de façon avérée, s'établit la résistance». Explications du jardinier-écrivain, dont le dernier livre s'intitule Une écologie humaniste (2).

Pourquoi cette prise de position publique ?

Je refuse de cautionner un projet qui va dans le sens d'une destruction de la planète et n'est pas conforme à ce que j'estime humainement acceptable.

En quoi ce projet vous paraît-il destructeur ?

C'est un projet ultralibéral, qui favorise la santé des entreprises plutôt que la santé humaine, où l'économie domine, où les fluctuations de la Bourse commandent, où la pollution devient une monnaie d'échange avec les droits à polluer et le marché du CO2. L'humanité est au bout d'une chaîne de fabrication et de prédation, et nous dépendons d'une diversité biologique qui est aujourd'hui réduite par notre activité et par l'arasement, à travers l'agriculture, des conditions nécessaires à cette diversité. Nous vivons en accélérant des mécanismes dévastateurs pour l'eau, le sol, l'air, les aliments, au service de la tyrannie boursière.

Mais cela n'a pas commencé le 6 mai...

Les choses étaient engagées très largement, mais il y avait encore une plasticité, des possibilités de discussion. Même si depuis douze ans, nous étions dans une sorte de laminoir nous engageant dans une voie unique. Avec Nicolas Sarkozy, on s'engage de façon absolue dans ce système ultralibéral et cynique.

L'élection de Royal aurait-elle changé cela ?

Le choix du 6 mai nous fait descendre de plusieurs étages d'un coup ! Le programme de Royal était un programme de société, et non de castes. Il y avait la perspective qu'elle s'entoure de gens compétents.

Juppé est nommé ministre du Développement durable, concept que vous dénoncez...

C'est un mauvais oxymore. Comme le dit un économiste américain, dans un système fini comme celui de la planète, il faut être fou ou économiste pour imaginer un développement infini. Sous des apparences de belles idées, le développement durable sert de caution à des pratiques non écologiques. L'exemple le plus frappant, ce sont les biocarburants, qu'on présente comme «la» solution. Ce n'est que de la poudre aux yeux pour maintenir l'industrie automobile, et éviter que le choix de la voiture soit débattu. Sur un plan environnemental, c'est une aberration. Ils polluent à peine moins l'atmosphère que les carburants traditionnels, et pour faire un litre de biocarburant, il faut un litre de pétrole !

Vous avez déjà annulé des engagements ?

Oui, des interventions dans des organismes dépendants de l'Etat. Je préfère perdre des chantiers, et aller en trouver ailleurs ou réduire mes dépenses. Le pouvoir, l'argent ne m'intéressent pas. Au départ, je voulais tout annuler, mais, depuis mon communiqué, j'ai eu beaucoup de réactions. Et je me suis aperçu qu'il y a des lieux de résistance où il est possible de travailler : collectivités locales, associations...

Vous écornez votre image consensuelle.

Cela fait trente ans que je dis des choses que personne n'écoute. On dit : «Il est gentil, il fait de beaux jardins. » La liberté, l'invention, la culture sont aujourd'hui en danger.

(1) www.gillesclement.com (2) Ed. Aubanel.

Source : http://www.liberation.fr/culture/254749.FR.php

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Immigration et identité nationale: une «confusion» et une «régression»

Par Camille DIDELON

LIBERATION.FR : vendredi 18 mai 2007

Patrick Weil et sept autres universitaires ont démissionné ce vendredi des instances publiques de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) pour protester contre la création d’un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement. La Cité, «chargée de rassembler, sauvegarder, mettre en valeur et rendre accessibles les éléments relatifs à l’histoire de l’immigration en France», est née en 2003. Patrick Weil, historien, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l’immigration, explique sa démarche à Liberation.fr.

Pourquoi avez-vous démissionné de la CNHI ?
Il s’agit pour moi d’un acte éthique. On ne peut pas accepter la création d’un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du co-développement et faire comme s’il ne se passait rien. Vu notre métier, vu les manipulations politiques qui existent contre l’immigration et vu le développement du nationalisme xénophobe, c’est notre travail qui est en jeu même si la CNHI elle-même n’est pas entachée par la création de ce ministère. Nous participerons à titre privé aux activités de la CNHI , aux conférences, mais nous ne siégerons plus dans les instances publiques afin de garder notre indépendance et notre sens critique.

En quoi la création de ce ministère peut-elle peser sur le fonctionnement de la CNHI ?

La CNHI a un sens: elle vise à permettre à tous les Français, à tous les jeunes, de comprendre l’apport et la part des étrangers depuis deux siècles dans le développement de la société française. L’idée est de combattre les préjugés et toutes les images falsifiées. Or associer «identité nationale» et «immigration», ce qui est unique dans un pays démocratique, signifie que la France et les Français ont un problème avec la question même de l’immigration.

Mon rôle est d’expliquer que cette confusion est une régression historique. Il ne faut pas schématiser et faire de l’immigration un «problème». Selon moi, il n’y a pas de raisons d’associer la naturalisation au contrôle des frontières dans un même ministère, de regrouper des domaines distincts. On sent d’ailleurs dans la politique menée un ciblage vers certaines origines par rapport à d’autres. On veut empêcher certaines nationalités d’entrer en France, restreindre certains visas.

Pourquoi pensez-vous que ce ministère ne va pas fonctionner?

Parce que les ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Emploi vont se contenter de se décharger des tâches peu nobles en matière d’immigration sur ce nouveau ministère. Il n’est pas cohérent historiquement d’associer le droit d’asile au regroupement familial. Ce nouveau ministère risque d’être débordé et de ne pouvoir remplir ces fonctions.

Source : http://www.liberation.fr/actualite/politiques/254705.FR.php

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